“Je ne crois pas à la réussite de Qwant”, Olivier Andrieu – Abondance

7 Feb 2017
fabricefrossard
727
0

Si vous ne comprenez pas l’illustration ci-dessus, soit vous ne parlez pas anglais, soit vous devrez lire l’interview d’Olivier Andrieu à-propos de son livre « Référencement Google – Mode d’emploi » ci-dessous.

Fondateur du site de référence sur le SEO, Abondance, Olivier Andrieu possède une approche très didactique qui met ce savoir à la portée du plus grand nombre. Preuve en est de la 2ème édition de « Référencement Google » dévolu aux débutants en SEO. Vous lancez un blog, un site et n’avez pas les moyens de faire appel à un référenceur professionnel ? Ce livre vous guidera pas à pas pour poser les bases saines de votre SEO. Largement illustré de captures, nourri de liens utiles, d’encadrés didactiques, cet ouvrage est un véritable viatique pour les novices.
A l’heure ou le contenu explose, gagner la visibilité grâce aux moteurs devient un défi de taille (et sera l’objet d’un prochain post. Autant éviter les erreurs de débutant (que vous ne serez plus).

Ce livre s’adresse aux débutants et prodigue des conseils pertinents, mais aujourd’hui au regard de la pléthore de sites qui apparaissent et surtout de l’engouement pour le marketing de contenu, peut-on encore assurer son SEO seul et obtenir un bon positionnement ?

Oui, oui, bien sûr, c’est d’ailleurs ce que je fais au quotidien 🙂 Grosso modo, le SEO nécessite plusieurs choses : du bon sens (on en a), de la patience (on apprend à en avoir), quelques connaissances (les livres sont là pour ça 🙂 ) et du temps. Et c’est souvent là que le bât blesse, car le SEO est chronophage, surtout pour produire du contenu et chercher des liens. Mais on n’a rien sans rien…
Et le référencement naturel génère un trafic très pérenne, ce qui n’est pas négligeable. C’est donc un très bon investissement…

Si oui, quelles sont les meilleures pistes pour obtenir un bon positionnement et quels sont vos conseils ?

Le livre explique tout ça très bien (enfin, j’espère…) et il est difficile de résumer en quelques mots plus de 230 pages 🙂 Mais il faut retenir que le SEO se base sur 3 concepts importants : la technique (le site doit être techniquement conçu pour être réactif aux critères de pertinence de Google, avec les bonnes balises aux bons endroits et sous la bonne forme), le contenu (le rédactionnel, essentiel, bien sûr) et les liens (un lien externe — backlink — est considéré comme un vote par Google). Quand on travaille bien sur ces 3 voies, on met en place les fondamentaux du SEO. C’est ce que tente d’expliquer le livre.

Google utilise de nombreux algorithmes et les modifie souvent. Doit-on quand on débute se focaliser sur l’optimisation en fonction d’un algorithme, par exemple celui dédié au référencement local, ou doit-on faire en sorte que cela fonctionne avec tous les algorithmes. Pour le dire autrement, n’a-t-on pas avantage lorsqu’on lance un nouveau site à tenter de faire au mieux sur un positionnement spécifique au regard d’un algorithme spécifique. Ou alors doit-on imaginer que les algorithmes fonctionnent de manière croisée et établissent une sorte de pondération pour afficher un résultat ?

Non, en fait, il faut au départ mettre en place les fondamentaux expliqués dans le livre et qui sont bons pour tous les algorithmes de Google. Une fois ce travail général effectué, on attaque les « finitions » en fonction du site, de sa cible, de ses ambitions, etc. Mais tout se base au départ sur des fondamentaux qui ne sont, hélas, que très peu souvent mis en place par défaut sur les sites web actuels. Ce n’est que dans un second temps qu’on prend en compte des concepts comme le local, etc. Toutefois, mis à part le local (algorithmes Pigeon et Opossum), il n’y a pas tant de variantes que cela…

Avec la lecture des 4 C (contenu, code, conception, célebrité) que vous prônez, cela donne l’impression que le contenu reste l’élément le plus discriminant pour le positionnement. Est-ce à dire que seul le bon contenu bien formaté est garant d’un bon positionnement ?

Non. Le contenu est essentiel, tout comme la technique et les liens. Pour moi, l’importance est égale, un tiers pour chacun. Il faut absolument travailler du mieux possible sur tous les plans.

Quelles sont les erreurs que vous voyez de manière récurrente ?

Classiquement, prendre en compte le SEO alors que le site est déjà en ligne, hélas. Or, c’est en amont que cela se gagne souvent, avant la mise en ligne, notamment pour tout ce qui est d’ordre technique. Rien n’est perdu sinon, mais il faut alors souvent casser pas mal de choses pour reconstruire un site alors que tout aurait été beaucoup plus simple si le SEO avait été pris en compte dès le départ. Autre erreur classique : ne compter que sur l’intuition pour choisir les requêtes sur lesquelles on veut se positionner. Et on se retrouve à travailler sur des requêtes que personne ne tape…
Il existe aujourd’hui de nombreux outils qui nous donnent bon nombre d’indications sur la façon dont les internautes effectuent leurs recherches. Autant les utiliser pour obtenir des résultats bien plus efficaces.

Votre livre s’adresse aux débutants et in fine s’il suit vos conseils, il aura mis en ligne les best practices pour partir d’un bon pied. Mais, quelle est la différence entre le SEO pour débutant tel que vous le décrivez et, par opposition, le SEO professionnel ? Quelles pratiques et techniques les pros ajoutent-ils pour réaliser leur SEO ?

Le livre « Référencement Google mode d’emploi », qui a été conçu pour les débutants, fait 230 pages. Le livre « Réussir son référencement web » toujours chez Eyrolles, qui représente plutôt le « niveau 2 » du domaine, fait 770 pages. Il y a donc une différence notable… Les fondamentaux sont toujours là, mais Google, c’est 200 critères de pertinence. Plus on apprend, plus on a à apprendre en SEO. Ça ne s’arrête jamais. Et c’est ce qui fait la beauté du métier… On affine la stratégie, on comprend mieux le fonctionnement des moteurs, les nouvelles balises, le SEO international, etc. Le champ d’exploration et de découvertes est donc immense.

Vous suivez le référencement depuis de nombreuses années, qu’est-ce qui a vraiment changé ces 20 dernières années, soit depuis l’apparition de Google ?

Tout, en gros 🙂 Le nombre de moteurs (globalement, il ne reste plus que Google en Europe alors qu’il y a 20 ans, on travaillait sur 4 à 5 moteurs différents plus les annuaires), les algorithmes (bien plus complexes aujourd’hui), la taille du Web, le spam aussi a été décuplé, etc. Bref, ça n’a plus grand-chose à voir…

Comment voyez-vous l’avenir du SEO (et du métier) au regard de l’utilisation de l’IA dans l’algorithme, mais aussi des nouvelles interfaces de recherche des moteurs ?

L’Intelligence Artificelle (IA) ce n’est pas l’avenir, c’est aujourd’hui, avec les réseaux de neurones, l’apprentissage automatique, la sémantique, etc. Toutes ces sciences sont actuellement dans l’ADN de Google. Mais on peut penser que l’avenir du search passera par le mobile (les smartphones) et la recherche vocale (on pose la question directement à son terminal en vocalisant sa question) et que des technologies et produits comme Google Home, Amazon Écho ou l’assistant Siri sont de bons exemples de que qui nous attend. Ils représentent certainement les plus grands enjeux de la recherche d’information en ligne et donc du SEO pour les années qui viennent.

Qwant affiche de très grandes ambitions et veut se positionner face à Google. Quelles sont ses chances d’après vous ?

Je ne veux pas être méchant, mais Qwant existe depuis plus de 3 ans et ne renvoie toujours pas de trafic sur nos sites en tant que moteur de recherche. Ses parts de trafic sont quasi nulles en France, pourtant il n’est pas né hier. Ce n’est pas un bon signe pour moi… Mais, bien sûr, je souhaite de tout cœur de me tromper et s’ils peuvent avoir un avenir florissant, j’en serai le premier ravi. Mais je n’y crois pas un seul instant.

Un dernier mot ? 🙂

Un seul, mais il est important : merci ! 🙂

propos recueillis par mail le 7 février

The following two tabs change content below.

fabricefrossard

De son métier de journaliste où il a largement contribué au développement digital, Fabrice Frossard conserve une excellente connaissance des nouvelles technologies qui lui permettent d’anticiper les évolutions sociétales et de détecter les modèles émergents. Il a aussi travaillé en agences en tant que directeur du digital. Aujourd’hui Fabrice accompagne les entreprises et les institutions en tant que spécialiste des stratégies de contenus et de la communication digitale.

Laisser un commentaire