Contenus : quelle est la longueur idéale (prouvée) pour un article ?

19 Nov 2016
fabricefrossard
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Quel est le volume idéal d’un article ? Dès qu’il s’agit de se lancer dans le marketing de contenu, cette question est sans doute la plus récurrente. À juste titre. Le contenu s’adresse à la fois à des internautes que vous chercherez à convertir en lead, mais aussi aux moteurs de recherche. Si vous publiez pour les premiers, sans l’aide des moteurs votre contenu est voué à errer dans les limbes du web. Premier spoil de l’article : ceux de plus de 2000 mots performent mieux, mais parfois il vaut mieux écrire des articles de 250 mots. Mais 1000 mots, c’est bien aussi. Mais encore ? Lisez la suite.

Avant de répondre clairement, commençons par nous poser les bonnes questions :

  • Quelle est mon audience
  • Quel est le problème que cherche à résoudre mon audience
  • Quelle est la réponse que je lui apporte

Fort d’une réponse à chacune de ces questions, votre première étape consistera à définir des personas. Pour ce faire je vous recommande la lecture de cet article.

Une fois vos personas réalisés, quel est le contenu susceptible de résoudre leur problème ? Selon votre cible, PDG, responsable achat ou directeur marketing, le format sera différent. Le temps et les attentes de chacun sont différents. Un PDG aura besoin d’une synthèse là ou un responsable achat étudiera plus profondément le contenu pour se faire une opinion. Le directeur marketing lui cherchera des insights utiles à son métier.

Une approche possible pour se faire une idée de la longueur des contenus est de s’appuyer sur les contenus les plus partagés. La mesure évite comme je le lis trop souvent des phrases de type : « la longueur idéale à mon avis », « je pense que la longueur idéale est… ». Alors que le web nous offre cette chance de pouvoir tout mesurer, la spéculation et l’empirisme ne sont plus de mises.
Imaginons donc que vous assuriez la promotion de cours sur le marketing digital. En utilisant un outil comme Buzz Sumo par exemple, vous serez à même de visualiser cette mesure.

buzz-sumo-partages

Ici, les articles les plus partagés comportent plus de 2000 mots. Ceux de moins de 1000 mots sont quasiment autant partagés sur Linkedin que ceux de 2000 mots. Un résultat logique. Les lecteurs sur LinkedIn sont des professionnels qui consultent le réseau souvent pour d’autres raisons que la simple lecture de Pulse.

Longueur d’articles et SEO

Google reste l’arbitre ultime dès qu’il s’agit de contenus. Votre positionnement sur le moteur conditionnera votre visibilité.

Sur ce point, SemRush a réalisé une étude assez claire.  Pour l’éditeur, la longueur de vos articles dépendra de la concurrence et de vos enjeux sur des mots clés identifiés comme importants pour votre business. Dans ce cas de figure, la longueur idéale de vos articles est de 2500 mots.
Ce format long est celui qui sera le plus susceptible d’apporter de l’information utile et sera donc le plus partagé. Par ailleurs, l’internaute serait de plus en plus demandeur de long format. Ce que tend à prouver le succès de Medium.

SemRush module toutefois ce résultat. Pour l’éditeur,une bonne stratégie de contenus devra mêler des articles plus courts, avec moins d’enjeux et long formats pour des articles plus structurants.

Plus que la taille, votre contenu doit parler à votre audience. Donc, être ciblé. Toutefois, n’oubliez pas que votre contenu est analysé par Google. Pour le moteur, les articles de plus de 2000 mots seront mieux pris en compte sur un secteur compétitif. En gardant les internautes plus longtemps sur votre page, vous diminuez le taux de rebond et augmentez le taux d’engagement. Les algorithmes de Google sont sensibles au temps passé sur la page.

Les statistiques démontrent que les longs formats sont plus performants que les formats courts.

longueur-dun-post-et-temps-passe

La taille ne fait pas tout : la fréquence de publication ajoute en visibilité

Ne nous mentons pas, réaliser de longs contenus de qualité reste difficile : manque de temps, de sujets, de data, de budget, d’inspiration. D’autant plus qu’une autre notion est importante pour le référencement et la visibilité : la récurrence de publication. BuzzSumo a réalisé une étude qui démontre l’avantage de la quantité sur la qualité en termes de nombre de visiteurs. Quantité, mais aussi variété des formats, vidéos, infographies, diaporamas, et optimisation des contenus à l’aide de données statistiques..

Un visitorat supérieur grâce à cette mécanique quantitative, mais aussi par un effet de longue traîne.

Alors ? Quelle fréquence de publication ? L’étude SemRush met en évidence une démarche intéressante.  « Alors que les posts hebdomadaires ont 66 % de chance de générer des leads, bloguer 2 à 3 fois par semaine augmente cette probabilité de 4 %. » Se pose alors la question du ratio entre les efforts consentis pour l’acquisition client, donc la ressource disponible pour créer des contenus et les résultats attendus.

Un arbitrage complexe pour de nombreuses entreprises.

Ratio Quantité visiteurs

Le nombre de post indexés impacte directement le trafic. Plus en B2C qu’en B2B

Comment faire lire un article jusqu’au bout 

A la longueur d’un article correspond aussi une autre question : sa lecture. 75% des articles sont parcourus en diagonale et près de 50% ne sont pas lus jusqu’au bout. Comment faire pour que le lecteur aille jusqu’à la ligne finale ? Une étude menée par Slate donne un début de réponse.

Scroll Slate

Cette infographie montre jusqu’où scrollent les lecteurs sur un article de Slate. Chaque article occupe environ 2000 pixels de long. Chaque barre représente le pourcentage de personnes qui ont à la fois partagé l’article, et le point où ils se sont arrêtés de scroller.

Résultats :

  • 5% des lecteurs ne scrolle pas (0%)
  • La majorité descend jusqu’à la moitié de la page
  • Lorsqu’il y a de la vidéo et des photos les utilisateurs regardent chacun de ces éléments de la page, sans forcément lire l’article.

 

Ciblage et partages : les deux piliers d’un contenu efficace

Quelle que soit votre option, qualité vs quantité, variétés vs uniformité, tout se mesure. Bonne nouvelle, en fonction de ces mesures, nous pouvons optimiser les contenus en fonction des résultats obtenus et de l’effet final recherché. Si votre billet n’amène que trois visiteurs, quelque chose a du mal fonctionner : mauvais ciblage, mauvais choix de mots clés, seo approximatif, contenu inintéressant. Bref, vous ne trouvez pas votre audience parce que vous ne l’avez pas ciblée.

Comment ajuster ses contenus et trouver les bons indicateurs ?

Comme l’expliquent SemRush et des milliers de praticiens (dont moi) tout commence par la recherche de mots clés à l’aide d’outils ad ’oc

Ensuite un bon titre : 80 % des internautes ne lisent que le titre. Promis, un billet entier sera consacré à cette phase délicate du contenu. Mais sans déflorer, rappelons qu’un titre doit être :

  • Court : entre 80 et 120 signes
  • Précis
  • Clair
  • Comporter les bons mots clés
  • Faire une promesse

Soyez séduisants

  • Répondez à la promesse et évitez le clickbaiting
  • Rajoutez des images : gif, videos, liste à puces…
  • Respectez la pyramide de l’information ; le plus important en premier
  • Réalisez une synthèse ou CEO pitch.
  • Dernier point, offrez aussi la possibilité d’imprimer l’article en PDF. Vos lecteurs pourront apprécier de lire votre article sur papier au moment de leur choix.

En synthèse

  • La meilleure stratégie de contenus est celle que vous pouvez assurer avec constance.
  • Vos meilleurs articles sont ceux qui trouvent leur cible
  • Recherchez les bons mots clés
  • Variez les volumes : un post de 2000 mots mensuels, un article de 1000 mots hebdomadaire
  • Intercalez vos publications avec du « snacking content » : infographies commentées, vidéos, présentation slideshare…
  • Identifiez les bons carrefours d’audience
  • Assurez la diffusion et les partages
  • Mesurez les résultats avec Google Analytic

Pour info, cet article fait 1242 mots. Trop, pas assez ?

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fabricefrossard

De son métier de journaliste où il a largement contribué au développement digital, Fabrice Frossard conserve une excellente connaissance des nouvelles technologies qui lui permettent d’anticiper les évolutions sociétales et de détecter les modèles émergents. Il a aussi travaillé en agences en tant que directeur du digital. Aujourd’hui Fabrice accompagne les entreprises et les institutions en tant que spécialiste des stratégies de contenus et de la communication digitale.

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